L´ascension du Cotopaxi se déroule sur 2 jours. le premier jour, je fais la connaissance de mon guide (nous ne serons que 2 dans notre cordée) et nous nous rendons au pied du volcan.
Des notre prise de contact, il me demande comment je me sens, comment je me suis préparé et commence a me prévenir que la partie n´est pas gagnée d´avance. Ce n´est pas aussi simple que les agences de Quito le disent (pour attirer les clients) et seulement 1 sur 2 en moyenne arrive au sommet.
Comme pour illustrer ses propos, nous croisons un couple qui a tenté l´ascension la veille. ils ont des mines déconfites et me disent avoir fait demi-tour a 5100 m apres que la señorita aie rendu son petit dej´ et son diner de la veille.
On passe le reste de la journée a faire une balade d´acclimatation et a s´entrainer a la marche encordés avec crampons, sous un ciel nuageux avec pluie intermittante. Si le temps ne change pas, nous ne partons pas me prévient-il...
A 19h il est amplement temps d´aller se coucher : nous devons partir a 23h pour faire l´ascension de nuit car la chaleur de la journée provoque de nombreuses avalanches. Je n´arrive pas a fermer l´oeil de la courte nuit a cause du bruit dans le refuge mais surtout de l´impatience, de l´excitation et bien sur de l´appréhension : serai-je a la hauteur ? le temps va-t-il s´éclaircir ?
A 23h, on suate dans nos chaussures et on prend la voiture jusqu´au point de départ. A 23h30 on est a 4500 m d´altitude, le temps est parfaitement clair avec une pleine lune magnifique qui éclaire le volcan en activité le plus haut du monde. Du haut de mes 1,87m je toise le géant de 5897 m. Y´a plus qu´a...
Ca commence assez sec et 30 mn plus tard on arrive au dernier refuge a 4800m. Un petit dej´ rapidement avalé a l´altitude du toit de l´Europe et nous repartons au milieu de nombreux groupes (la plupart des groupes dorment au dernier refuge). A 5000 m, on chausse les crampons. Je suis bien. Au loin , on voit les lumieres de Quito ou dort tranquillement Sabrina.
Nous marchons sans lampe frontale, a la seule lumiere magique de la pleine lune se reflétant sur le glacier. Plus on dépasse de groupes, plus j´entends leur souffle court et plus ma volonté augmente.
Dans le dernier mur, a 5700 m et des patates, je sais que je vais aller au bout. Les nerfs qui me tiennent et me font marcher depuis le début de la nuit lachent et des larmes de joie coulent sur mes joues, mais je les essuie rapidement pour ne pas que les groupes d´américains qui m´entourent prennent les francais pour des danseuses d´opérettes.
Ca y est nous arrivons au sommet (a 5897m) en meme temps que le soleil, fideles au RDV que nous nous étions fixés.
Ma performance n´est en rien comparable a l´exploit de Sir Edmond Hillary (héros néozelandais des temps modernes qui fut le premier homme a gravir l´Everest) mais ma joie est au moins aussi grande et mes pensées rejoignent celles qu´il avait eu a l´époque : "Je suis en haut, j´ai botté le cul de ce salopard !!".
Le temps de profiter de la vue incomparable sur une bonne partie des volcans d´Equateur et sur le cratere que nous surplombons et nous entamons la descente. Comme d´habitude, le Cotopaxi a épuisé des candidats, et la neige blanche et immaculée de la montée est jalonnée de quelques renards attestant de l´état de fatigue de certains.
A midi je suis de retour a Quito ou je retrouve Sabrina pour qui le week-end repos c´est tres bien passé !
¡ Que se vayan bien !